Deux icebergs géants flottent dans l’océan Antarctique, l’un entouré de vie marine proliférante, l’autre isolé dans des eaux inertes, illustrant leur rôle opposé dans le cycle du carbone.
Deux icebergs géants flottent dans l’océan Antarctique, l’un entouré de vie marine proliférante, l’autre isolé dans des eaux inertes, illustrant leur rôle opposé dans le cycle du carbone.

Le passé de chaque iceberg détermine son impact sur l’océan, une nuance cruciale pour un collègue scientifique ou un ami suivi ce dossier climat.

Deux icebergs, deux rôles opposés Fil de l’histoire et faits clés

Deux icebergs géants, A23a et A76a, provenant de la même plateforme de glace en Antarctique, ont eu des effets radicalement différents sur l’océan Austral malgré leur taille comparable et leur trajectoire similaire. Une étude du British Antarctic Survey publiée en avril 2026 révèle que seul A76a, détaché en 2021, a libéré suffisamment de fer pour stimuler la croissance du phytoplancton, un maillon clé du captage du carbone atmosphérique. En revanche, A23a, détaché en 1986 et bloqué pendant des décennies dans la mer de Weddell, avait déjà perdu la majorité de ses nutriments avant de reprendre sa dérive.

Cette découverte remet en question une hypothèse largement intégrée dans les modèles climatiques : que la fonte accrue des glaces favorise naturellement l’absorption du CO₂ par les océans. Or, le potentiel fertilisant d’un iceberg dépend fortement de son histoire géologique et océanique antérieure. Sans connaître ce passé, il devient impossible de prévoir si un nouveau détachement massif agira comme un stimulateur biologique ou comme un bloc inerte.

Le cas d’A23a, qui a perdu près de 99 % de sa surface d’origine d’ici avril 2026, illustre la fin probable de nombreux anciens icebergs. Alors que les barrières de glace se fragilisent avec le réchauffement, la multiplication de ces géants de glace aux profils chimiques imprévisibles rend plus incertaine la capacité future de l’océan Austral à agir comme puits de carbone. Les projections « net zéro » reposent en partie sur cette absorption, désormais moins prévisible.

Faits

  • A23a et A76a, deux icebergs de plus de 3 500 km² chacun, proviennent de la plateforme de Filchner-Ronne en Antarctique.
  • A76a, détaché en 2021, a fertilisé l’océan en libérant du fer, stimulant le phytoplancton.
  • A23a, détaché en 1986, s’était échoué pendant 30 ans et avait perdu la majorité de ses nutriments avant 2026.
  • Une étude du British Antarctic Survey publiée en avril 2026 montre que le passé géologique d’un iceberg détermine son impact écologique.
  • A23a avait perdu environ 99 % de sa surface d’origine fin avril 2026 et devrait disparaître avant la fin de l’année.

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