
Une pieuvre qui change de couleur en dormant, avec un peu de contexte à regarder avec un collègue qui suit les mystères du cerveau animal.

Une pieuvre change de couleur en dormant Fil de l’histoire et faits clés
Les scientifiques ont longtemps pensé que seuls les mammifères et certains oiseaux connaissaient des phases de sommeil actif comparables au rêve. Une étude récente sur la pieuvre, menée par des chercheurs de l’Institut des Sciences et Technologies d’Okinawa et publiée dans Nature, remet cette idée en question. En observant simultanément l’activité cérébrale et les changements de couleur de pieuvres endormies, les chercheurs ont identifié deux états de sommeil distincts : un sommeil calme avec des ondes cérébrales similaires aux « fuseaux du sommeil » des humains, et un sommeil actif d’environ une minute, marqué par une réactivation neuronale proche de l’état de veille.
Pendant cette phase active, les chromatophores de la pieuvre — les cellules pigmentaires de sa peau — s’activent spontanément, reproduisant des motifs utilisés éveillée pour chasser ou se camoufler. Cette synchronisation entre activité cérébrale et expression visuelle suggère fortement un processus interne similaire au rêve, malgré l’absence de cerveau centralisé. La pieuvre partage son dernier ancêtre commun avec les humains il y a environ 550 millions d’années, ce qui rend cette convergence évolutive particulièrement frappante.
Le fait que deux lignées aussi éloignées aient développé indépendamment un système de sommeil à deux phases renforce l’hypothèse que le rêve n’est pas un luxe cérébral, mais une fonction biologique essentielle pour les espèces dotées d’un système nerveux complexe. Bien que les chercheurs ne puissent pas confirmer directement la présence de rêves, les preuves physiologiques accumulées rendent cette possibilité très plausible. La découverte ouvre la porte à une réévaluation de la conscience et de la cognition chez les invertébrés.
Faits
- Des chercheurs ont observé que les pieuvres alternent entre un sommeil calme et un sommeil actif d’environ une minute toutes les 30 à 60 minutes.
- Pendant le sommeil actif, les chromatophores de la pieuvre s’activent en synchronisation avec une activité neuronale similaire au sommeil paradoxal humain.
- Une étude publiée dans Nature en 2023 a confirmé ces cycles de sommeil chez Octopus vulgaris grâce à l’enregistrement simultané de l’activité cérébrale et des changements de couleur.
- Les pieuvres et les humains ont divergé il y a environ 550 millions d’années, ce qui suggère une évolution convergente du sommeil à deux phases.
- Les scientifiques ne peuvent pas affirmer que les pieuvres rêvent, mais les preuves physiologiques rendent cette hypothèse très plausible.
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