Infographie montrant l'évolution du coût du soutien aux énergies renouvelables en France entre 2016 et 2025, avec les pics de dépenses, les heures de prix négatifs et les engagements futurs à 87 milliards d'euros.
Infographie montrant l'évolution du coût du soutien aux énergies renouvelables en France entre 2016 et 2025, avec les pics de dépenses, les heures de prix négatifs et les engagements futurs à 87 milliards d'euros.

Un pilotage budgétaire à revoir, surtout pour un collègue suivi de près par les acteurs du secteur énergétique.

87 milliards pour le solaire et l’éolien Fil de l’histoire et faits clés

La Cour des comptes a publié un rapport alarmant sur le coût du soutien public aux énergies renouvelables en France, révélant un engagement à long terme de 87 milliards d’euros à fin 2024. Entre 2016 et 2024, les dépenses annuelles ont varié de manière spectaculaire, passant de recettes nettes positives pendant la crise énergétique à des charges prévues de 7,3 milliards d’euros en 2025. Ce manque de prévisibilité s’explique par des mécanismes de rémunération liés aux prix de marché, qui ont parfois obligé les producteurs à reverser des sommes à l’État.

Le rapport reconnaît que les énergies renouvelables ont progressé : la production d’électricité verte est passée de 100 TWh à 150 TWh entre 2016 et 2024, représentant 27 % du mix électrique. Le biométhane a été multiplié par cinquante. Toutefois, les anciens contrats d’obligation d’achat poussent les producteurs à injecter de l’électricité sans tenir compte de la demande, provoquant des heures de prix négatifs — 352 en 2024 contre 4 en 2022. Cela fragilise le marché et pousse à repenser les incitations.

La Cour critique une absence de contrôle sur les sur-rémunérations, notamment dans les filières photovoltaïque et biométhane, où les guichets ouverts ont entraîné des afflux massifs. Des tentatives de correction ont été bloquées par le Conseil d’État ou le Conseil constitutionnel. Elle recommande d’intégrer dès la signature des clauses de révision dans les contrats, de renforcer la compétitivité des appels d’offres et de lancer un plan national de lutte contre la fraude. Un pilotage budgétaire unique et plus transparent est également préconisé.

Faits

  • Entre 2016 et 2024, les dispositifs de soutien aux énergies renouvelables ont coûté 26,3 milliards d’euros aux finances publiques.
  • En 2022 et 2023, des recettes nettes de 4,83 milliards d’euros ont été générées grâce à la flambée des prix de gros.
  • Le coût prévisionnel pour 2025 s’élève à 7,3 milliards d’euros.
  • À fin 2024, les contrats en cours représentent un engagement à long terme de 87 milliards d’euros hors bilan.
  • La France a enregistré 352 heures de prix négatifs en 2024, contre 4 en 2022.
  • La Cour des comptes formule huit recommandations, dont l’introduction de clauses de révision dans les futurs contrats et un plan de lutte contre la fraude.

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