Illustration d'une personne entre deux miroirs numériques : l'un reflète un corps célébré, l'autre un corps jugé, symbolisant la tension entre body positivisme et pression sociale.
Illustration d'une personne entre deux miroirs numériques : l'un reflète un corps célébré, l'autre un corps jugé, symbolisant la tension entre body positivisme et pression sociale.

Le corps reste un terrain de tension entre affirmation personnelle et jugement social, surtout pour une collègue ou un ami sensible aux normes en ligne.

Le body positivisme change-t-il vraiment les regards ? Fil de l’histoire et faits clés

Le mouvement « body positivisme » a gagné du terrain sur les réseaux sociaux, porté principalement par des créatrices en ligne qui dénoncent la grossophobie et valorisent les corps minorisés. Pourtant, une enquête quantitative menée auprès de 850 personnes en France révèle un paradoxe : même si la majorité des personnes interrogées affirment être les seules légitimes à parler de leur corps, elles restent profondément affectées par les remarques de leurs proches, de leur entourage et du personnel médical. Cette tension montre que l’émancipation en ligne ne suffit pas à effacer les rapports de pouvoir incarnés.

Les différences de genre et de classe sociale jouent un rôle clé. Les femmes sont plus nombreuses à revendiquer le contrôle de leur récit corporel, mais aussi plus sensibles aux critiques. Les hommes, moins ciblés, s’en déclarent moins touchés. Par ailleurs, les personnes diplômées, bien que plus critiques envers la médicalisation du poids, expriment paradoxalement plus de mal à trouver les corps gros « jolis », révélant la persistance d’une esthétique dominante.

En ligne, les utilisateurs construisent des bulles protectrices, filtrent les contenus et rejoignent des groupes privés. Pourtant, leurs fils restent en tension entre contenu body positiviste et injonctions à la minceur. Les femmes retiennent davantage de poster des photos d’elles-mêmes que les hommes. Le numérique devient ainsi un lieu de recomposition des regards, mais cette recomposition s’appuie sur des inégalités sociales préexistantes.

Faits

  • Une enquête menée auprès de 850 personnes en France montre que 59,8 % des femmes se disent fortement affectées par les remarques de leurs parents sur leur morphologie.
  • Seulement 9,5 % des personnes souvent critiquées sur leur poids considèrent que le médecin est tout à fait légitime à s'exprimer sur leur morphologie.
  • 17,9 % des personnes diplômées du supérieur jugent essentiel qu'un influenceur cite des sources, contre 3,8 % chez les non-diplômées.
  • 48,9 % des titulaires d’un Master ont parfois du mal à trouver les corps gros « jolis », contre 11 % chez les personnes sans diplôme.
  • 51 % des femmes interrogées se sont déjà retenues de poster une photo d’elles en ligne, contre 41,4 % des hommes.

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