
Le dernier transfert de carbone d’un arbre mourant vers les jeunes pousses, un détail crucial pour un collègue ou un ami passionné d’écologie forestière.

Un arbre mourant donne son carbone aux jeunes Fil de l’histoire et faits clés
Lorsqu’un arbre meurt en forêt, il libère une quantité importante de carbone vers les arbres environnants via un réseau souterrain de champignons mycorhiziens. Ce mécanisme, longtemps mystérieux, est désormais mieux compris grâce aux travaux de chercheurs comme Suzanne Simard. Ces échanges s’inscrivent dans un système complexe appelé le « Wood Wide Web », où les arbres, loin d’être en concurrence, forment une communauté interconnectée échangeant nutriments et signaux.
Les arbres-mères, souvent centenaires, jouent un rôle central en redistribuant leurs ressources aux jeunes pousses, notamment dans des zones ombragées où la photosynthèse est limitée. Des expériences avec des isotopes radioactifs ont montré que jusqu’à 25 % de la photosynthèse d’un sapin de Douglas pouvait provenir d’arbres voisins via ce réseau. Ce transfert s’intensifie dans les derniers moments de vie de l’arbre, non par altruisme, mais par une combinaison de gradients physiologiques et d’activités fongiques.
Ce phénomène a des implications majeures pour la gestion des forêts et la lutte contre le changement climatique. La destruction de ces réseaux par la déforestation ou les produits chimiques affaiblit gravement la résilience des écosystèmes. Une nouvelle approche de restauration forestière intègre désormais ces associations mycorhiziennes, reconnaissant que la santé d’une forêt dépend autant du sol que des arbres visibles.
Faits
- Un arbre mourant augmente drastiquement le transfert de carbone vers les arbres voisins via un réseau mycorhizien.
- Le réseau souterrain, appelé Wood Wide Web, connecte des centaines d’arbres et est structuré par des champignons mycorhiziens.
- Des expériences avec des isotopes montrent que jusqu’à 25 % de la photosynthèse d’un sapin de Douglas provient d’arbres voisins.
- Les arbres-mères jouent un rôle clé en redistribuant carbone et nutriments aux jeunes pousses dans des zones ombragées.
- Une étude de 2025 dans Plant Diversity montre que la limitation en carbone chez un pin augmente de 110 à 340 % la colonisation mycorhizienne.
- Les forêts stockent environ 80 % du carbone dans les écosystèmes terrestres, dont une part circule via ces réseaux souterrains.
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